Fréquence cardiaque en running : guide complet pour maîtriser tes zones d’entraînement

Ce qu’il faut retenir : Fréquence cardiaque en running : guide complet pour maîtriser tes zones d’entraînement
  • Ta FC est plus honnête que tes sensations : elle reflète exactement l’intensité de ton effort, indépendamment de ta fatigue ou de ta motivation du jour.
  • 80% de ton volume doit rester en zones 1-2 : c’est la fondation de toute progression durable, même si ça semble contre-intuitif.
  • Calcule tes zones avec Karvonen, pas avec une formule d’âge : intégrer ta fréquence cardiaque de repos te donne des zones vraiment personnalisées.
  • Mesure ta FC de repos chaque matin : une hausse de 5-10 bpm sur deux jours est un signal d’alarme que tu dois respecter.
  • Le « middle pace trap » est ton pire ennemi : reste coincé en zone 3 et tu fatigues sans progresser, c’est le chaos organisé.
  • Valide tes progrès avec un test de terrain : cours le même parcours en zone 2 tous les trois mois pour voir si ton allure s’améliore à FC identique.

Fréquence cardiaque en running : le guide complet pour maîtriser tes zones d’entraînement

Tu as déjà vécu ce moment où tu regardes ta montre en fin de sortie et tu ne sais pas vraiment si tu t’es entraîné ou juste… couru ? Tu n’es pas seul. La majorité des coureurs amateurs accumulent les kilomètres sans vraiment piloter leur effort, et cette absence de structure les prive d’une grande partie des bénéfices de leur entraînement. La fréquence cardiaque change tout ça. C’est un indicateur physiologique objectif, impartial, qui reflète exactement ce que ton corps vit à chaque instant de ta sortie, indépendamment de ta forme du moment ou de ton envie d’aller vite.

Pourquoi ta fréquence cardiaque est ton meilleur coach

Courir avec ses sensations, c’est parfaitement normal. Le problème, c’est que nos sensations nous trahissent régulièrement. Un jour de fatigue accumulée, une allure qui semble facile peut déjà placer ton cœur en zone 3. À l’inverse, après une nuit parfaite et un bon café, cette même allure en zone 3 te paraît légère comme une plume. La fréquence cardiaque, elle, ne ment pas. Elle te dit exactement à quel niveau d’intensité ton organisme fonctionne, peu importe ce que tes jambes ou ta tête pensent à ce moment-là. C’est pour ça qu’elle est, de loin, ton outil le plus honnête.

La différence entre courir et s’entraîner vraiment

L’entraînement intuitif, c’est souvent du chaos organisé. Tu pars pour une sortie « facile », mais ton partenaire de footing accélère un peu, tu t’accroches, et voilà : ta sortie de récupération devient une séance de tempo. Le lendemain, ta séance de fractionné est sabotée par une fatigue résiduelle que tu n’as pas vue venir. Ce cycle, des millions de coureurs le vivent sans s’en rendre compte. L’erreur numéro un est de laisser l’ambiance, l’ego ou les conditions extérieures dicter l’intensité à la place d’un système cohérent.

L’entraînement structuré par zones, c’est simplement décider à l’avance à quelle intensité tu vas courir, et t’y tenir. Pas en fonction de qui court à côté de toi, pas en fonction de ta motivation du jour, mais en fonction de ce que ton corps peut absorber et transformer en progrès réel. Les coureurs qui franchissent ce cap témoignent souvent de la même révélation : ils vont plus lentement les jours faciles, mais leurs séances intenses sont d’une qualité incomparable.

Ce que dit vraiment ton cœur quand tu cours

Deux chiffres fondent tout le système. La fréquence cardiaque maximale (FCM) représente le nombre maximal de battements par minute que ton cœur peut produire lors d’un effort poussé à l’extrême. La fréquence cardiaque de repos (FCR) est celle que tu mesures le matin avant de te lever, dans un état de calme total. Ces deux valeurs encadrent ta plage de travail et permettent de définir des zones d’intensité précises et personnalisées.

La FCR mérite qu’on s’y attarde davantage, parce que la plupart des coureurs la négligent complètement. Un coureur sédentaire tourne généralement autour de 70-80 bpm au repos, tandis qu’un marathonien aguerri peut descendre à 40-50 bpm. Ce n’est pas une coïncidence : une FCR basse indique un cœur plus efficient, capable de propulser plus de sang par battement. Mais surtout, suivre ta FCR au fil des semaines te permet de détecter la fatigue ou une infection naissante avant même que tu te sentes mal.

Comment calculer ta fréquence cardiaque maximale (et pourquoi la formule classique te ment)

On commence par la mauvaise nouvelle : la formule que tout le monde connaît est très approximative. Elle te donne un point de départ, rien de plus. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des méthodes bien plus fiables à ta portée, que tu sois débutant ou coureur expérimenté. Et ça vaut vraiment la peine de les appliquer, parce que des zones calculées sur une FCM erronée de 10 ou 15 bpm, c’est tout ton entraînement qui se décale.

La formule 220 – âge : pratique mais imprécise

La formule 220 moins ton âge est partout : sur les vélos de salle, dans les applis de fitness, dans les magazines. Elle doit son succès à sa simplicité, pas à sa précision. En réalité, elle a été popularisée à partir de données très limitées et ne tient compte ni de ta génétique, ni de ton niveau d’entraînement, ni de ton historique sportif. Pour un coureur de 45 ans, elle donne 175 bpm. Mais selon ta physiologie, ta FCM réelle peut très bien être à 165 comme à 190.

Des chercheurs de l’Université d’État de l’Utah ont proposé une formule alternative nettement plus précise pour les coureurs réguliers, notamment ceux de plus de 40 ans : 208 – (0,7 × l’âge). Pour ce même coureur de 45 ans, ça donne 176,5 bpm, donc pas très éloigné dans ce cas… mais la vraie différence apparaît dans les profils atypiques. Reste que toute formule est une estimation. Prends-la comme une base de départ, pas comme une vérité gravée dans le marbre.

Le test terrain pour connaître ta vraie FCM

Le seul moyen d’avoir ta FCM réelle, c’est de la mesurer directement sur le terrain. Le protocole est simple dans son principe, exigeant dans son exécution : après un bon échauffement de 15 à 20 minutes, tu réalises plusieurs accélérations progressives jusqu’à atteindre un effort maximal sur une montée ou lors d’un effort continu sur piste. Le chiffre le plus haut affiché sur ta montre en fin d’effort est ta FCM. Ce test, réalisé une à deux fois par an, suffit largement pour avoir une base fiable.

Ne te laisse pas intimider par l’intensité de ce protocole. Il n’est pas réservé aux élites. Un trail court en côte raide où tu pousses vraiment fort dans les 30 dernières secondes peut suffire. Ce qui compte, c’est de ne pas le faire en état de fatigue ou en début de saison. Le contexte idéal, c’est une période où tu es frais, bien reposé, et en milieu de préparation. Après ce test, tu as une FCM personnalisée sur laquelle bâtir des zones vraiment utiles.

La méthode Karvonen pour des zones encore plus précises

Le calcul de Karvonen pousse la personnalisation encore plus loin en intégrant ta FCR dans l’équation. La formule : zone = (FCM – FCR) × pourcentage cible + FCR. Concrètement, deux coureurs avec la même FCM de 185 bpm mais des FCR différentes (45 bpm pour l’un, 75 bpm pour l’autre) n’auront pas du tout les mêmes zones. Le premier, dont le cœur est plus efficient, aura une plage de travail plus large et des zones numériquement différentes même si les pourcentages sont identiques.

Cette méthode récompense directement les coureurs qui ont travaillé leur endurance de fond. Plus ta FCR est basse, plus tes zones reflètent fidèlement ton état de forme réel. C’est un encouragement concret à noter ta FCR chaque matin : en quelques mois d’entraînement sérieux, tu verras cette valeur baisser progressivement, et tes zones évoluer avec elle. La méthode Karvonen est probablement la meilleure base disponible pour un coureur amateur qui veut s’entraîner sérieusement sans passer par un laboratoire.

Les 5 zones d’entraînement expliquées simplement

Les cinq zones sont comme les vitesses d’une voiture. Tu peux rouler en deuxième en permanence, ça marchera, mais tu n’exploiteras jamais le vrai potentiel du moteur. Chaque zone sollicite des systèmes énergétiques différents, génère des adaptations différentes, et demande une récupération différente. L’objectif n’est pas de les mémoriser par cœur mais de les reconnaître à l’effort, au ressenti, pour ajuster ton allure sans avoir besoin de regarder ta montre toutes les trente secondes.

Zone 1 – la récupération active (50-60% FCM)

La zone 1 est celle que les coureurs méprisent le plus, et c’est une erreur coûteuse. À ce niveau d’intensité, tu peux tenir une conversation fluide, tu n’as aucune gêne respiratoire, et ton allure peut sembler ridiculeusement lente. C’est exactement ça. La zone 1 n’est pas une sortie de confort gênant, c’est une condition physiologique nécessaire pour que les séances intenses se fassent sur un système nerveux reposé et des muscles qui ont récupéré.

Beaucoup de coureurs qui testent une vraie sortie de zone 1 pour la première fois s’étonnent de voir à quel point leur allure habituelle de « footing tranquille » était en réalité plus haute. Courir en zone 1, c’est parfois accepter d’aller à 7 ou 8 minutes au kilomètre quand on est habitué à faire ses footings à 5h30. L’ego proteste. Mais les résultats finissent par convaincre.

Zone 2 – l’endurance de base (60-70% FCM)

La zone 2 est le socle de tout. Des décennies de recherche et des témoignages de coureurs de tous niveaux convergent vers la même conclusion : 80% de tes kilomètres devraient se faire ici. C’est dans cette zone que le corps développe sa densité mitochondriale, améliore sa capillarisation musculaire et apprend à brûler les graisses de manière efficace. Ce sont des adaptations profondes, durables, qui permettent de courir plus longtemps et plus efficacement sans puiser dans les réserves glycolytiques.

L’erreur classique, c’est de trouver la zone 2 « trop lente » et de dériver naturellement vers la zone 3. Physiologiquement, c’est une catastrophe silencieuse : tu accumules de la fatigue sans déclencher les adaptations les plus profondes. Des coureurs préparant un marathon sur une chaussure d’endurance polyvalente ont souvent témoigné que ralentir leurs longues sorties du dimanche avait été la décision la plus contre-intuitive et la plus efficace de leur préparation.

Zone 3 – le tempo aérobie (70-80% FCM)

La zone 3 est la zone de la trahison. Elle semble raisonnable, pas vraiment intense, pas vraiment facile. Tu peux encore parler, mais par phrases courtes seulement. Le problème, c’est qu’elle cumule de la fatigue significative sans apporter les bénéfices spécifiques de la zone 2 (adaptations aérobes profondes) ni ceux de la zone 4 (progression du seuil lactique). C’est la zone dans laquelle des coureurs passent l’essentiel de leurs sorties sans s’en rendre compte.

Elle n’est pas inutile pour autant. La zone 3 est pertinente lors des fartleks, des sorties de groupe ou de certaines séances de tempo progressif. Mais elle doit être choisie délibérément, pas subie par défaut. Le coureur conscient sait qu’il est en zone 3 et a décidé d’y être. Ce n’est pas le coureur qui pensait être en zone 2 et qui a dérivé sans s’en apercevoir.

Zone 4 – le seuil lactique (80-90% FCM)

Le seuil lactique est l’un des concepts les plus importants du running de performance, et aussi l’un des plus mal compris. C’est le moment où ton corps produit du lactate plus rapidement qu’il ne peut l’éliminer. En dessous de ce seuil, tu peux maintenir l’effort longtemps. Au-dessus, la dette s’accumule et tu dois ralentir ou t’arrêter. Repousser ce seuil – c’est-à-dire courir plus vite avant de le dépasser – est la clé pour progresser sur 10 km et marathon.

Les séances typiques en zone 4 sont les répétitions longues (3 à 5 fois 8-10 minutes), les blocs tempo soutenus, ou encore les allures de compétition 10 km pour les coureurs de niveau intermédiaire. L’effort est difficile mais contrôlé : tu ne peux plus vraiment parler, tu sens la brûlure monter, mais tu tiens. Si tu vises une progression sur route dans une chaussure capable d’absorber ces séances intenses comme la Saucony Kinvara 16, travailler régulièrement en zone 4 est non négociable.

Zone 5 – l’anaérobie (au-delà de 90% FCM)

Au-delà de 90% de ta FCM, tu entres dans un territoire où chaque seconde compte. Parler est impossible, la brûlure musculaire est franche, et l’effort ne peut se maintenir que quelques dizaines de secondes à quelques minutes maximum. C’est la zone des sprints terminaux, des répétitions très courtes (200 m, 400 m à fond), et des phases finales de compétition. Les bénéfices sont réels : puissance neuromusculaire accrue, meilleure économie de course, capacité anaérobie développée.

Mais la zone 5 exige une récupération complète, à la fois avant (pas de séance intense la veille) et après (48 à 72 heures de récupération minimum). Les coureurs qui aiment se « tuer » en zone 5 trop souvent finissent par casser le reste de leur programme. À utiliser avec parcimonie, dans un bloc de préparation spécifique, et jamais deux fois par semaine sur une longue période.

La règle des 80/20 : comment répartir tes zones sur la semaine

Si tu ne devais retenir qu’un seul principe de cet article, c’est celui-là. 80% de ton volume d’entraînement en zones 1 et 2, 20% en zones 3, 4 et 5. Ce ratio, documenté par des chercheurs et plébiscité par des entraîneurs de haut niveau dans le monde entier, est à la fois simple à comprendre et difficile à appliquer. Parce que courir lentement la majorité du temps va à l’encontre de la logique intuitive du « plus je souffre, plus je progresse ». Pourtant, les données et les résultats parlent d’eux-mêmes.

Un exemple de semaine type selon les zones

Concrètement, une semaine de préparation semi-marathon ou marathon bien construite ressemble à ceci : deux à trois sorties en zone 1-2 (footings lents de 45 à 75 minutes), une sortie longue en zone 2 stricte (90 à 150 minutes selon la période), une séance de seuil en zone 4 (répétitions longues ou tempo bloc), et optionnellement une courte séance de vitesse en zone 5. Le ratio 80/20 se tient sur la durée totale, pas sur le nombre de séances : une longue sortie en zone 2 pèse beaucoup plus qu’une séance de fractionné de 45 minutes.

La progression se fait par blocs : les premières semaines privilegient les zones 1-2 pour construire la base, puis on introduit progressivement les zones 3-4 pour le seuil, avant d’ajouter du 4-5 en phase finale avant la compétition. C’est une logique de construction qui respecte la physiologie, pas une accumulation de séances dures pour « se sentir entraîné ».

Adapter la répartition selon ta compétition cible

Un marathonien n’a pas les mêmes besoins qu’un spécialiste du 10 km. Pour le marathon, la zone 2 est reine : les longues sorties du dimanche doivent y rester absolument, et le volume hebdomadaire en endurance de base doit être conséquent. L’allure marathon elle-même se situe souvent en zone 3-4 basse selon ton niveau, ce qui demande une base aérobie très solide pour tenir 42 km.

Pour le 10 km, la zone 4 prend beaucoup plus d’importance, avec des séances spécifiques au seuil lactique plusieurs fois par cycle. Et pour le trail, la logique change encore : le terrain accidenté fait fluctuer la FC de manière imprévisible, et une montée raide peut t’emmener en zone 5 alors que ton allure est ridicule. Les trailleurs expérimentés qui courent sur des terrains variés apprennent vite à piloter l’effort par la FC plutôt que par l’allure, au risque de se retrouver à marcher après 10 km de montées mal gérées.

Tes outils de mesure : montre GPS, ceinture thoracique et variabilité cardiaque

La technologie a rendu le suivi de la FC accessible à tous les coureurs. Mais accessible ne veut pas dire parfait. Comprendre les limites de ton matériel est aussi important que de savoir comment interpréter les données qu’il te donne. Un chiffre affiché sur ta montre n’est fiable que si la mesure qui l’a produit l’est aussi.

Capteur optique vs ceinture thoracique : quelle fiabilité en vrai ?

Le capteur optique au poignet mesure la variation du flux sanguin dans les capillaires. En zone 1-2, il se débrouille bien. En zone 4-5, ou par temps froid quand la circulation se modifie, la précision chute notablement. Des décalages de 5 à 15 bpm sont courants lors d’accélérations brutales. Si tes séances les plus importantes sont des fractionné intenses ou des blocs de seuil, tu risques de travailler à côté de ta zone cible sans le savoir. Une montre comme la Polar Pacer propose d’ailleurs la compatibilité avec ceinture thoracique pour exactement cette raison.

La ceinture thoracique Bluetooth reste la référence incontestée en précision. Elle mesure directement l’activité électrique du cœur, comme un ECG simplifié. Elle est fiable jusqu’en zone 5, réagit instantanément aux changements d’intensité, et n’est pas perturbée par le froid ou les mouvements du poignet. Pour les footings faciles en zone 2, le capteur optique suffit amplement. Pour les séances clés, la ceinture est un investissement qui vaut le coup.

La variabilité de fréquence cardiaque (VFC) : l’indicateur que tu ignores sûrement

La variabilité de fréquence cardiaque (VFC) est la variation de durée entre chaque battement de cœur. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, un cœur sain ne bat pas comme un métronome. Il varie légèrement à chaque battement en fonction du système nerveux autonome. Une VFC haute indique que ton système nerveux parasympathique domine, signe de récupération et de forme. Une VFC basse signale stress, fatigue ou surentraînement.

Des applications comme HRV4Training permettent de mesurer ta VFC chaque matin en 60 secondes avec une simple lecture de FC, et te proposent une recommandation d’intensité pour la journée. Ce n’est pas de la magie : c’est simplement une fenêtre sur ton état de récupération réel, bien plus fine que ta simple FC de repos. Combinée à tes zones d’entraînement, la VFC transforme radicalement la façon dont tu planifies tes séances au quotidien.

Les facteurs qui font grimper ta FC sans que tu coures plus vite

C’est l’une des sources de confusion les plus fréquentes chez les coureurs qui commencent à suivre leur FC de près. Certains jours, ta FC est anormalement haute à une allure que tu faisais facilement la semaine dernière. Avant de conclure que tu régresses, vérifie les facteurs externes.

Chaleur, caféine, stress et infections : les perturbateurs silencieux

La chaleur est probablement le facteur le plus visible : par temps chaud, le corps envoie davantage de sang vers la peau pour réguler la température, ce qui augmente la FC de 5 à 15 bpm à intensité équivalente. La caféine prise avant la sortie peut monter la FC de 10 à 20 bpm. Le stress émotionnel – une réunion difficile, un conflit, une mauvaise nuit de sommeil – active le système nerveux sympathique et augmente la FC de 10 à 30 bpm. Et une infection naissante, même asymptomatique, fait grimper la FC de repos et d’effort de 5 à 10 bpm.

La leçon pratique est simple : note toujours le contexte de ta sortie. Chaleur ? Caféine ? Nuit agitée ? Grosse semaine de boulot ? Ces informations transforment une donnée isolée en information exploitable. Sans contexte, tu risques de modifier ton plan d’entraînement en réponse à un bruit de mesure plutôt qu’à une vraie tendance.

Comment utiliser ta FC de repos comme signal d’alarme

Mesure ta FCR chaque matin, avant de te lever, dans les mêmes conditions. Trente jours de données te donneront une valeur de référence personnelle. Dès lors, une hausse de 5 à 10 bpm sur deux ou trois jours consécutifs est un signal à prendre au sérieux : ton corps te dit qu’il est sous stress, qu’il récupère mal, ou qu’il combat quelque chose. Ignorer ce signal et enchaîner les séances intenses, c’est exactement la recette du surentraînement.

Beaucoup de coureurs ont témoigné avoir évité des blessures ou des coups de fatigue simplement en respectant ce signal d’alarme. Quand ta FCR remonte, tu passes à une sortie légère en zone 1, voire tu prends un jour de repos complet. C’est contre-intuitif quand le plan dit « fractionné aujourd’hui », mais c’est souvent la décision la plus intelligente que tu prendras dans ta semaine.

Les erreurs classiques des coureurs face à leur fréquence cardiaque

Connaître les zones ne suffit pas. Il faut aussi savoir quelles habitudes les sabotent au quotidien. Ces trois erreurs reviennent systématiquement chez les coureurs qui ont du mal à progresser malgré un volume d’entraînement correct.

Aller trop vite les jours faciles (l’erreur numéro 1)

Le « middle pace trap » est le piège le plus répandu du running amateur. Tu ne vas jamais vraiment doucement, jamais vraiment fort. Tu restes coincé en zone 3 permanente : trop intense pour récupérer vraiment, pas assez intense pour progresser significativement. Résultat : une fatigue chronique de fond qui plombe tes séances clés et t’empêche d’atteindre les zones 4 et 5 avec suffisamment d’énergie pour en tirer tous les bénéfices.

La solution est simple à énoncer et difficile à appliquer : laisse ton ego au vestiaire le jour des sorties faciles. Peu importe si le coureur à côté de toi va plus vite. Peu importe si tu dois ralentir à 6h30 au km pour rester en zone 2. C’est exactement cet effort-là qui va construire ta base et rendre tes séances intenses vraiment productives. Des chaussures confortables pour les footings lents, comme une Brooks Revel 8 ou une ASICS Gel-Pulse 16, aident à s’installer dans une allure basse sans se battre contre son matériel.

Faire confiance à ses sensations plutôt qu’aux données

Les sensations sont utiles. Elles ne sont pas infaillibles. En fin de cycle de préparation intense, ton corps s’adapte à un niveau de fatigue élevé, et ta perception de l’effort se décale. Ce qui te semble être de la zone 2 est déjà en zone 3. Ce qui te semble intense l’est peut-être moins que tu ne le crois. La FC est un arbitre objectif qui ne se laisse pas tromper par la fatigue perceptuelle.

La bonne approche n’est pas d’abandonner tes sensations mais de les croiser avec les données. Quand les deux sont cohérentes, tu es bien calibré. Quand elles divergent, c’est souvent le signal que quelque chose ne va pas dans ton état de forme ou ta gestion de l’effort. Apprendre à lire cette divergence est une compétence qui se développe sur plusieurs mois de pratique consciente.

L’over-monitoring : quand la data devient une source de stress

Il y a un revers à l’obsession des données. Des coureurs qui consultent leur FC toutes les dix secondes développent une anxiété particulière : ils ne courent plus, ils gèrent un tableau de bord. Dès que la FC monte de 2 bpm au-dessus de la limite basse de leur zone, ils paniquent ou ralentissent brusquement, perturbant le rythme naturel de l’effort. Le monitoring excessif déconnecte de la sensation d’effort et crée une dépendance à la montre qui est l’opposé de ce qu’on cherche.

La recommandation pragmatique : consulte ta FC toutes les 2-3 minutes lors des séances structurées, ou à la fin de chaque segment. Entre deux consultations, cours avec tes sensations. Ajuste si nécessaire, mais sans micro-corrections permanentes. L’objectif final est de tellement bien connaître ses zones qu’on n’a presque plus besoin de regarder la montre pour savoir où on est.

Ton plan d’action concret pour intégrer les zones dès maintenant

Tu as maintenant les fondamentaux. Il ne manque plus qu’un passage à l’action. Voici les deux étapes concrètes pour transformer tout ce que tu viens de lire en habitudes réelles dès ta prochaine sortie.

Créer ton tableau personnel de zones en 10 minutes

Commence par noter ta FCM (mesurée ou estimée avec la formule 208 – 0,7 × âge) et ta FCR (mesurée au repos depuis plusieurs jours dans les mêmes conditions). Applique la méthode Karvonen pour calculer tes cinq zones, ou simplement les pourcentages de FCM si tu préfères une approche plus directe. Puis traduis ces chiffres sous une forme simple : « zone 2 = 128 à 142 bpm ». Pas de formules complexes, juste tes plages numériques personnelles.

Note ce tableau dans ton téléphone, imprime-le, colle-le sur ton frigo, peu importe. Ce qui compte, c’est qu’il soit accessible. Et programme un rappel dans ton agenda tous les trois mois pour le remettre à jour : ta FCR va baisser avec l’entraînement, tes zones vont évoluer avec elle. Un tableau périmé est presque aussi problématique qu’une formule d’âge générique.

Tester ta progression sans changer d’objectif de FC

Le test de progression est élégant dans sa simplicité. Choisis un parcours que tu connais bien – une boucle de 5 ou 8 km avec peu de dénivelé. Cours-le à ta cible de zone 2, disons 135 bpm, et note ton allure. Refais exactement le même exercice deux à trois mois plus tard. Si ton allure a augmenté à FC identique, c’est la preuve irréfutable que ton économie de course s’est améliorée. Tu cours plus vite pour le même effort cardiaque, c’est la définition de la progression.

Ce test, fait régulièrement, est bien plus parlant que de chercher à faire un nouveau record sur chaque sortie. Il te montre que le travail en zone 2 porte ses fruits, même si les séances semblaient ennuyeusement lentes sur le moment. C’est aussi un excellent outil pour décider si tu peux augmenter ton volume ou s’il vaut mieux consolider ta base avant d’introduire plus d’intensité dans ton programme.

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