- Plaque TPU qui crée du dynamisme : la géométrie à bascule donne une propulsion progressive sans la raideur d’une plaque carbone.
- Amorti mouche Dream très efficace : rebond franc et protection articulations conservés même après 3 heures de course.
- Grip polyvalent mais pas universel : excellente accroche sur rocher sec et terrain technique, moins à l’aise en boue profonde.
- Talon ultra stable : le calage arrière ne bouge pas, parfait pour les descentes où chaque millimètre compte.
- Chaussure de polyvalence réelle : elle gère entraînement fractionné, sorties longues et différents terrains sans jamais être prise en défaut.
- Pour le traileur régulier qui veut une paire unique : idéale entre 20 et 50 km, moins pertinente pour l’ultra spécialisé ou le trail de vitesse pur.
La gamme Vectiv de The North Face a su s’imposer comme une signature forte dans l’univers du trail running, portée par une philosophie claire : embarquer une plaque de propulsion 3D dans une chaussure pensée pour durer, pas seulement pour briller en compétition. Avec la Vectiv Enduris 4, la marque américaine franchit un nouveau cap en affinant une formule déjà convaincante, avec plus de mousse, plus d’accroche et une construction revue pour les traileurs qui enchaînent les sorties sans compter. Ce n’est pas une chaussure de vitrine, c’est une chaussure de terrain.
Ce qui rend l’Enduris particulièrement intéressante dans la gamme, c’est son positionnement assumé : ni chaussure de compétition élitiste, ni simple paire d’entraînement basique. Elle s’adresse aux traileurs expérimentés qui cherchent une compagne fiable pour leurs entraînements quotidiens comme pour leurs sorties longues, capable d’avaler des kilomètres variés sans jamais mettre le coureur en difficulté. La version 4 apporte des améliorations concrètes que nous allons détailler, mais commençons par ce qui fait battre le cœur de cette chaussure.

La technologie derrière la Vectiv Enduris 4
La plaque 3D en TPU à double densité est l’élément central de la proposition Vectiv. Contrairement à une plaque carbone classique qui cherche la rigidité maximale pour une restitution explosive destinée aux élites, cette architecture TPU joue sur la géométrie à bascule pour créer une propulsion vers l’avant progressive et maîtrisée. Résultat : le coureur ressent un dynamisme réel sans subir la raideur parfois inconfortable des plaques carbone sur les terrains irréguliers. La stabilité latérale apportée par la double densité est également un vrai plus sur les sentiers déversés où le pied cherche naturellement à riper.
La mousse Dream complète parfaitement ce dispositif en apportant un rebond franc et une absorption des impacts efficace. L’épaisseur augmentée de 2 mm par rapport à la v3 aurait pu nuire à la réactivité, mais ce n’est pas ce qu’on observe. La semelle extérieure SurfaceCTRL, composée à 20% de caoutchouc naturel avec des crampons de 4 mm, ferme la boucle d’une architecture bien pensée. La tige en mesh à doubles alvéoles, fabriquée à 57% de matériaux recyclés, gère la respirabilité sans sacrifier la tenue structurelle du pied.
Premières impressions : sortie de boîte et à l’enfilage
À la sortie de la boîte, la Vectiv Enduris 4 affiche un profil bien reconnaissable avec sa semelle épaisse et sa géométrie caractéristique. La tige mesh semble solide sans être lourde, les renforts latéraux sont visibles et bien intégrés, et l’ensemble dégage une impression de chaussure sérieuse construite pour durer. On voit clairement la plaque à travers la semelle translucide, ce petit détail visuel qui rappelle que quelque chose d’actif se cache là-dedans.
À l’enfilage, la semelle intérieure amovible accueille le pied avec un moelleux immédiat, et le maintien du talon se fait sentir dès les premiers pas. La tige enveloppe bien sans comprimer, le laçage classique permet un ajustement immédiat et précis. Premier pas dans la pièce : la bascule se ressent vraiment, ce roulement naturel vers l’avant qui incite à avancer. C’est une sensation distinctive que les habitués des chaussures à géométrie neutre mettront peut-être deux ou trois sorties à apprivoiser.

The North Face Vectiv Enduris 4 : le test
Conditions de test : terrain, distances et météo
Le test s’est déroulé sur plusieurs semaines d’utilisation régulière, accumulant plus de 150 km sur des terrains variés : sentiers rocailleux en moyenne montagne, chemins forestiers compacts, descentes techniques sur pierrier, passages boueux après pluie et plateaux herbeux en conditions humides. Les distances ont varié entre 8 et 32 km par sortie, ce qui couvre bien le spectre annoncé par la marque.
Le profil du testeur : coureur trail de niveau intermédiaire-avancé, foulée médio-pied, gabarit de 78 kg pour 1m80, habitué à alterner entre différents types de terrains. La météo du test a inclus du sec, de l’humide et quelques traversées de ruisselets peu profonds, ce qui permet d’évaluer honnêtement toutes les facettes de la chaussure.
Maintien et laçage : un pied bien en place ?
Le maintien du talon est l’une des réussites de cette version 4. Le talon ne bouge pas, il croche vraiment bien dans le contrefort, ce qui rassure immédiatement sur les descentes techniques où chaque millimètre de glissement peut provoquer une ampoule ou destabiliser la foulée. Le maintien latéral, renforcé par la plaque TPU, donne une assise ferme sans générer de points de pression désagréables sur les bords du pied.
Le laçage classique fait son travail honnêtement. Pas de système BOA ni de lacet rapide fantaisie, mais un vrai lacet traditionnel qui reste bien noué même après plusieurs heures de course sur terrain varié. L’ajustement est précis, modulable selon les zones du pied, et aucune irritation n’est apparue sur le coup de pied malgré les différentes sorties longues. Pour ceux qui partent en ultra, l’absence de système rapide peut être un point à considérer, mais pour l’usage quotidien et les distances moyennes, c’est parfaitement suffisant.

Adhérence et grip : la SurfaceCTRL à l’épreuve du terrain
Sur rocher sec, la semelle SurfaceCTRL est excellente. Le caoutchouc accroche avec une franchise rassurante, les crampons de 4 mm s’encastrent dans les aspérités sans laisser le pied déraper. Sur rocher mouillé, c’est plus nuancé : l’adhérence reste correcte mais on sent que la chaussure préférerait un sol moins glissant, ce qui est finalement assez normal pour une chaussure polyvalente qui n’est pas une spécialiste du rocher humide. Sur terre battue, boue légère et herbe humide, l’accroche est vraiment convaincante – les crampons mordent et évacuent la boue correctement.
La confiance transmise au coureur est réelle. En descente technique sur pierrier, on aborde les passages délicats sans hésitation excessive, et la combinaison plaque + grip latéral évite les dérapages de côté. Là où la chaussure montre ses limites, c’est dans la boue profonde type labouré ou sur les passages très gras en dévers, où les crampons de 4 mm ne sont tout simplement pas assez agressifs pour rivaliser avec des semelles spécialisées boue.
Amorti et protection : la mousse Dream dans la vraie vie
La mousse Dream tient vraiment ses promesses sur le terrain. Le rebond est perceptible dès les premières foulées et ne disparaît pas au bout d’une heure de course, ce qui est un critère essentiel pour les sorties longues. En descente prolongée, la mousse absorbe les chocs de manière efficace et les quadriceps remercient en fin de sortie. Après 3 heures de course sur terrain varié, les pieds ne souffrent pas, ce qui est le signe d’un amorti bien calibré. Si vous avez apprécié des mousses modernes comme celles que l’on retrouve dans certaines chaussures route très bien notées – on pense notamment à ce que fait Asics sur la gamme Trabuco Terra 3 en termes d’équilibre amorti/réactivité sur sentier – vous serez en terrain connu ici.
La protection sous le pied est bonne sur les terrains classiques. Les pierres de taille normale ne se font pas sentir douloureusement, la mousse et la plaque font leur travail de filtre. En revanche, sur du pierrier très anguleux avec des cailloux pointus de bonne taille, l’absence de rock plate rigide se fait ressentir. Ce n’est pas rédhibitoire, mais les coureurs avec des pieds sensibles ou qui pratiquent régulièrement des terrains ultra-techniques devront en tenir compte.
Performance en course : montée, descente, plat et technique
En montée, la géométrie à bascule fait une vraie différence. La propulsion vers l’avant semble naturelle, comme si la chaussure participait activement à l’effort de poussée. Sur les pourcentages forts, le dynamisme est préservé et la chaussure reste légère à porter malgré son gabarit généreux. Le poids de 297 grammes en pointure 42 ne se ressent pas négativement à haute intensité, ce qui est une bonne nouvelle.

En descente, c’est le terrain de jeu favori de l’Enduris 4. L’amorti protège bien, le maintien de la plaque rassure en latéral, et les crampons freinent correctement sur les pentes raides. Sur le plat roulant, la propulsion à bascule se ressent clairement et permet de maintenir un rythme dynamique sans forcer. Sur les passages techniques, franchissements de racines et de rochers isolés, la chaussure répond bien grâce à sa rigidité longitudinale et à la tenue de la tige.
Comportement sur différents terrains : polyvalence confirmée ou façade ?
Sur ses terrains de prédilection – sentiers rocailleux et chemins techniques – la Vectiv Enduris 4 excelle sans discussion. Sur les pistes forestières compactes et les chemins de randonnée larges, elle reste très agréable à porter, peut-être même un peu surdimensionnée techniquement mais sans que ça pose problème. Sur les passages très boueux en profondeur, les limites de la semelle apparaissent. Ce n’est pas une chaussure de cross ou de boue lourde, et la marque ne le prétend d’ailleurs pas.
La polyvalence revendiquée est réelle sur 90% des sentiers de trail habituels. C’est une chaussure qui peut suivre un traileur sur l’ensemble de sa saison sans jamais être vraiment prise en défaut, sauf dans des conditions extrêmes qui nécessiteraient un outil spécialisé. The North Face est honnête en la positionnant sous la Summit Vectiv Pro 3 pour l’ultra-trail sérieux.
Pour quel type de coureur ?
La Vectiv Enduris 4 est faite pour le traileur régulier qui sort 3 à 5 fois par semaine et veut une paire unique capable de tout encaisser : l’entraînement fractionné en côte du mardi, la sortie longue du samedi et le footing récupération du dimanche sur chemin varié. C’est aussi la chaussure idéale pour le coureur de trail moyen-long entre 20 et 50 km qui cherche le meilleur ratio confort/performance sans investir dans une chaussure de compétition pure. Si vous cherchez une chaussure hybride avec moins de stack et plus de versatilité route-sentier, jetez un œil au test de la Brooks Divide 6 qui propose une approche différente et intéressante.
Pour les gabarits plus lourds, la mousse Dream et l’amorti augmenté sont particulièrement appréciables : la chaussure encaisse sans fléchir et protège bien les articulations sur la durée. Les coureurs légers apprécieront le dynamisme conservé grâce à la plaque. En revanche, si vous préparez un ultra-trail de plus de 80 km avec des dénivelés extrêmes, la Summit Vectiv Pro 3 sera un choix plus cohérent. De même, le coureur qui recherche une chaussure vraiment ultraléger pour les courses de vitesse courte distance devra se tourner vers des modèles plus racés.

Comment taille la The North Face Vectiv Enduris 4 ?
Le chaussant général est bien calibré pour un pied de morphologie standard à légèrement large. La boîte à orteils offre suffisamment d’espace pour que les orteils vivent leur vie pendant les longues sorties, et les pieds qui ont tendance à gonfler à l’effort trouveront de la marge sans que ça ne devienne du vague. Le maintien du talon, comme évoqué, est exemplaire. Les pieds très larges ou très fins pourraient en revanche avoir du mal à trouver le bon compromis avec le laçage seul.
Le taillage suit les standards The North Face et se montre fidèle à la pointure habituelle. En tailles françaises, commencez par votre pointure habituelle et montez d’une demi-pointure si vous avez tendance à avoir les orteils qui cognent en descente ou si votre sortie cible dépasse 3 heures. La semelle intérieure amovible est un vrai atout pour les porteurs d’orthèses ou de semelles personnalisées. Les pointures disponibles couvrent l’ensemble du spectre habituel, de la taille 36 à la taille 48 selon les coloris.
Les points forts de la Vectiv Enduris 4
Points forts
La polyvalence terrain est le premier argument massue de cette chaussure : elle avale les sentiers rocailleux, les chemins forestiers, les descentes techniques et les plateaux herbus avec la même efficacité tranquille. L’alliance mousse Dream et plaque TPU crée une formule où amorti et dynamisme coexistent sans se contredire, ce qui reste rare à ce niveau de prix dans l’univers trail. Le grip SurfaceCTRL convainc sur la grande majorité des surfaces rencontrées en trail classique, et la respirabilité du mesh à doubles alvéoles en fait une chaussure agréable même sur les sorties chaudes de mi-saison. L’engagement environnemental avec 57% de matériaux recyclés dans la tige est un détail qui compte de plus en plus, et la semelle intérieure amovible ajoute une flexibilité bienvenue pour la personnalisation du chaussant.
Points faibles
L’absence de membrane imperméable sera le principal reproche des coureurs qui traversent régulièrement des ruisseaux ou qui sortent systématiquement par temps de pluie – la respirabilité est excellente mais elle a son revers. La plaque TPU, malgré ses qualités réelles, ne procurera pas la même explosion de propulsion qu’une véritable plaque carbone pour les coureurs qui viennent de chaussures racing et qui cherchent cette sensation particulière. Le poids de 297 grammes en pointure 42 est raisonnable et dans les standards, mais peut devenir un point d’attention pour les adeptes des longues distances qui pèsent chaque gramme au pied. Enfin, l’absence de rock plate rigide sur les terrains très caillouteux et pointus reste une limite concrète pour les pieds sensibles.

Vectiv Enduris 4 vs Vectiv Enduris 3 : ce qui a changé
Les 4 évolutions principales de cette version 4 sont concrètes et perceptibles à l’usage. Les 2 mm supplémentaires de mousse intermédiaire améliorent nettement le confort sur les longues distances sans alourdir la sensation générale, un tour de force qui mérite d’être souligné. La nouvelle formule mousse Dream apporte un rebond plus franc que sur la v3, avec une réactivité mieux conservée dans le temps. L’optimisation du maintien talon se traduit par une propulsion plus efficace et un calage arrière du pied nettement amélioré. Enfin, les crampons légèrement plus hauts à 4 mm offrent une accroche supérieure sur les terrains gras sans pénaliser la progression sur sol compact.
Pour un possesseur de v3 : si vous en êtes satisfait, l’upgrade vers la v4 n’est pas urgent mais il est justifié. Les améliorations sont réelles et non cosmétiques, et on ressent vraiment la différence sur les longues sorties.
Comparaisons avec les concurrentes
Vectiv Enduris 4 vs Salomon Speedcross 6
La Salomon Speedcross 6 reste une référence d’accroche sur boue et terrains meubles grâce à ses chevrons agressifs, mais son amorti et sa dynamique de propulsion sont moins élaborés que ceux de l’Enduris 4. La plaque TPU et la mousse Dream donnent à l’Enduris un avantage clair sur le confort longue distance et la polyvalence terrain sec-humide. Choisissez la Speedcross si la boue est votre terrain favori, l’Enduris si vous cherchez une chaussure qui s’adapte à tout sans jamais être prise en défaut.
Vectiv Enduris 4 vs La Sportiva Bushido II
La La Sportiva Bushido II impressionne sur les terrains ultra-techniques avec son grip roc légendaire et sa rigidité adaptée aux passages exposés. Elle est cependant plus agressive dans ses sensations et moins confortable sur les longs kilomètres roulants. L’Enduris 4 prend l’avantage sur le confort global, la propulsion dynamique et la polyvalence, tandis que la Bushido II garde le dessus sur la technicité pure en haute montagne.
Vectiv Enduris 4 vs Asics Fujitrabuco Lyte
L’Asics Fujitrabuco Lyte et l’Enduris 4 partagent une approche modern cushion trail, mais la proposition japonaise penche davantage vers l’amorti pur avec une réactivité légèrement en retrait. La plaque TPU de l’Enduris lui donne une dynamique de propulsion plus marquée et une sensation de chaussure qui participe activement à la foulée, ce que les coureurs cherchant de la nervosité apprécieront. La Fujitrabuco plaira à ceux qui veulent avant tout protéger leurs articulations sur les longs trails.
L’avis de la rédac
La Vectiv Enduris 4 fait exactement ce qu’une bonne chaussure de trail polyvalente doit faire : elle s’efface au profit du coureur. On ne pense pas à ses pieds pendant la sortie, on pense au sentier. C’est la marque des chaussures vraiment bien calibrées. The North Face a eu l’intelligence de ne pas chercher à en faire une chaussure de compétition qu’elle n’est pas, mais de pousser à fond les curseurs qui comptent pour le traileur régulier : confort, amorti, dynamisme et accroche polyvalente. Pour un traileur qui cherche sa paire de référence pour une saison entière d’entraînements et de courses de trail court à marathon trail, c’est aujourd’hui l’une des meilleures options du marché. Honnête, efficace, et assumée – exactement ce qu’on attend d’une chaussure qui porte le nom Vectiv.




