- Confort immédiat : l’Air-Cooled Memory Foam Skechers se moule au pied dès l’enfilage, une vraie force pour les randonneurs qui veulent marcher sans souffrir.
- Tige hybride bien pensée : le mélange cuir véritable + mesh offre un maintien latéral rare sur ce segment grand public, même si le cuir demande un break-in de deux à trois sorties.
- Amorti constant mais limité : la semelle intercalaire protège bien les articulations sur quatre à cinq heures, c’est tout ce qu’elle promet, sans innovation supplémentaire.
- Adhérence insuffisante en boue : la traction s’essoufle rapidement sur l’argile mouillée, mieux vaut le savoir avant de partir sous la pluie.
- Déperlance partielle, pas d’imperméabilité : le traitement repousse les bruines légères mais ne protège pas d’une véritable pluie soutenue.
- Profil cible très clair : cette chaussure est faite pour le randonneur débutant ou occasionnel en moyenne montagne, pas pour le trail technique ou le terrain exigeant.
Skechers n’est pas la première marque qui vient à l’esprit quand on parle de randonnée en montagne. On pense plutôt à Salomon, à Merrell, aux spécialistes du sentier qui ont forgé leur réputation sur des terrains exigeants. Pourtant, avec la Skechers Ridgestar, la marque californienne assume un positionnement très clair : transposer son ADN confort sur les sentiers accessibles, sans chercher à rivaliser avec les technicités des chaussures de trail premium. C’est une proposition honnête, pensée pour les marcheurs occasionnels et les randonneurs urbains qui découvrent la montagne, et elle mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
La Ridgestar se positionne sur le segment de la randonnée légère et de la moyenne montagne, là où elle côtoie des rivales comme la Salomon X Ultra 4 ou la Merrell Moab 3. Elle ne cherche pas à les battre sur leur terrain technique. Elle cherche à séduire un profil différent, celui du randonneur du weekend qui veut avant tout ne pas avoir mal aux pieds après cinq heures de marche. Un pari risqué mais cohérent, à condition que le produit soit au niveau de ses ambitions.

Les technologies embarquées dans la Ridgestar
Le coeur de la Ridgestar, c’est évidemment la semelle intérieure équipée de la technologie maison Air-Cooled Memory Foam. Cette mousse à mémoire de forme est la signature de Skechers, présente dans de nombreux modèles de la marque aussi bien pour le lifestyle que pour le sport. Son principe : se mouler progressivement à la morphologie exacte du pied pour réduire les points de pression et distribuer uniformément les contraintes. En randonnée, où les pieds encaissent des heures de sollicitation répétée, ce type de mousse peut faire une vraie différence pour les personnes sujettes aux douleurs articulaires. Les prétentions thermorégulation restent modestes comparées aux systèmes de ventilation des chaussures de trail haut de gamme, mais pour une utilisation modérée, la mousse ne chauffe pas excessivement.
La tige hybride est l’autre point distinctif de la Ridgestar. Elle combine du mesh respirant avec des renforts en cuir véritable et en synthétique, une composition assez rare à ce positionnement grand public. Le mesh assure la respirabilité, le synthétique contient le poids, et le cuir véritable apporte une rigidité structurelle qui améliore le maintien latéral. C’est cette présence de cuir qui fait toute la différence sur les passages en dévers, mais elle implique aussi un temps de break-in de deux à trois sorties avant que le cuir s’assouplisse totalement. Le revêtement déperlant de la tige protège efficacement des projections d’eau et des bruines légères, mais il ne faut pas le confondre avec une véritable imperméabilité : lors d’une pluie soutenue ou d’un passage dans un ruisseau, l’eau finira par s’infiltrer. C’est une limite à connaître avant de partir sur des sentiers détrempés. La semelle extérieure antidérapante complète le tableau avec des plots orientés pour mordre sur les surfaces humides et les sentiers variés, même si elle reste en retrait face aux technologies spécialisées comme le Contagrip de Salomon ou le Vibram de Merrell. La semelle intercalaire, elle, est classique et sans innovation particulière : elle fait son travail sans se distinguer. Sur les données de drop et de géométrie, Skechers annonce un talon à 3,8 cm, un drop modéré qui place le pied dans une position naturelle. En revanche, les données de stack height et de poids officiel ne sont pas communiquées par la marque, ce qui est une vraie faiblesse pour un consommateur qui veut comparer objectivement. Sur la base des benchmarks équivalents, on estime le poids autour de 380 à 400 g pour une pointure 42 en version homme, mais cette valeur est à confirmer auprès du service client Skechers.

Les premières impressions à l’enfilage
À la sortie de la boite, la Ridgestar affiche un look trail-randonnée assumé, avec des empiècements visuellement structurés, des renforts bien placés et des coloris qui s’orientent vers les tons terrain plutôt que vers le lifestyle urbain. Les finitions sont correctes pour ce segment de marché, sans atteindre le niveau de raffinement des grandes marques spécialisées. La tige hybride se fait tout de suite remarquer visuellement, les zones en cuir contrastant avec le mesh pour donner à la chaussure une allure plus robuste qu’une simple basket de randonnée.
À l’enfilage, la sensation est immédiate et difficile à ignorer : l’Air-Cooled Memory Foam se comprime légèrement sous le pied et se moule en quelques secondes à la plante. C’est la signature Skechers, reconnaissable entre toutes, et elle fonctionne. Le pied se pose, la mousse répond, et le confort est là dès la première seconde. Le laçage classique permet un ajustement précis, la hauteur de tige est bien calibrée pour envelopper la cheville sans la contraindre, et le maintien initial est rassurant. La légère rigidité du cuir se perçoit déjà à froid, surtout sur les bords latéraux, ce qui signifie que la chaussure tient déjà bien le pied même avant de s’être adaptée à sa morphologie.

Le test sur le terrain
Les conditions du test et le maintien du pied
Pour évaluer la Ridgestar dans ses conditions naturelles, les sorties de test ont couvert des sentiers balisés de moyenne montagne, des chemins forestiers compactés, quelques passages sur des dalles rocheuses sèches et des zones légèrement boueuses en lisière de forêt. Les sorties ont duré entre quatre et six heures, ce qui correspond exactement au profil cible de la chaussure. La météo a alterné entre des journées sèches ensoleillées et une sortie sous bruine légère, permettant de tester concrètement les limites du traitement déperlant. Le profil du testeur est celui d’un randonneur régulier de niveau intermédiaire, habitué à des terrains variés mais sans viser des défis techniques extrêmes.
Le laçage classique ne révolutionne rien, mais il remplit son rôle avec sérieux. L’absence de système BOA ou de serrage rapide ne se fait pas vraiment regretter sur ce type de sortie, et le lacet reste bien en place sans se défaire sur les heures de marche. Sur les passages en dévers ou les portions un peu chahutées, la présence du cuir véritable dans la tige se justifie clairement : les micro-mouvements latéraux sont contenus, le pied ne baigne pas dans la chaussure. Les premières sorties révèlent quelques points de frottement liés au cuir encore rigide, principalement au niveau du talon et du dessus du pied, qui disparaissent après le break-in habituel. À partir de la troisième sortie, la tige s’est suffisamment assouplie pour offrir un maintien confortable sans contrainte.
Adhérence, amorti et comportement en montée et descente
Sur sol sec, la semelle extérieure antidérapante de la Ridgestar remplit correctement sa mission. Les plots accrochent bien sur les sentiers battus, les surfaces caillouteuses compactes et les chemins forestiers, sans surprise négative. Les choses se compliquent légèrement sur sol humide et surtout argileux : sur de l’herbe mouillée, la traction reste acceptable, mais sur un sentier d’argile bien détrempé, la semelle se charge et perd en mordant. La Ridgestar n’est clairement pas une chaussure pour les conditions très boueuses, et il vaut mieux le savoir avant de partir sous une pluie torrentielle. Si vous cherchez un compagnon pour des conditions difficiles et un grip de qualité sur tous les terrains, des modèles comme la Brooks Divide 6 ou l’Asics Trabuco Terra 3 seront plus adaptés.
L’amorti est probablement la meilleure carte de la Ridgestar, et il ne faiblit pas vraiment sur la durée. L’Air-Cooled Memory Foam tient bien ses promesses sur quatre à cinq heures de marche, même si l’on perçoit une légère compression de la mousse après plusieurs heures d’effort. Le rebond est quasi nul, ce n’est pas le propos de la chaussure, mais la protection articulaire reste constante et appréciable sur les chemins empierrés. Les randonneurs avec des genoux ou des hanches sensibles y trouveront un vrai bénéfice. En montée, le drop modéré à 3,8 cm positionne le pied dans un angle naturel qui facilite la propulsion. La tige tient bien sur les pentes, même si on note un léger manque de rigidité de la semelle sur les portions très raides où l’on cherche davantage de mordant. En descente, la Ridgestar se montre rassurante sans être brillante : le maintien du talon est bon, la semelle offre une confiance correcte sur les dévers modérés, mais on sent les limites du grip face à une technologie premium sur des descentes techniques ou sur des dalles mouillées.
Pour quel profil de randonneur est faite la Ridgestar ?
La Ridgestar est taillée pour le randonneur débutant ou occasionnel qui fréquente des sentiers balisés en moyenne montagne, qui sort deux à trois fois par mois au maximum et qui cherche avant tout à profiter de la balade sans souffrir des pieds. Elle est particulièrement adaptée aux personnes avec des douleurs articulaires aux genoux ou aux hanches, aux marcheurs urbains qui découvrent le plaisir des sentiers, et à ceux qui font de la randonnée en famille sur des itinéraires accessibles. La chaussure est neutre et convient à tous les types de foulée, ce qui élargit encore son accessibilité. Un point à noter honnêtement : pour les randonneurs avec un gabarit important ou ceux qui portent un sac chargé, la mousse à mémoire de forme sera davantage sollicitée et pourrait se comprimer plus rapidement. Ce n’est pas une raison de la fuir, mais il faut en tenir compte.
À l’inverse, les profils qui cherchent de la performance trail, des terrains très accidentés, une véritable imperméabilité pour les conditions humides ou une durabilité maximale sur des années de sentiers caillouteux devront se tourner vers des concurrentes plus spécialisées. La Ridgestar n’est pas faite pour eux, et Skechers ne prétend pas le contraire.
Comment taille la Skechers Ridgestar ?
La Ridgestar suit un taillage fidèle selon les retours utilisateurs. La grande majorité des porteurs confirme que prendre sa pointure habituelle est le bon choix, sans besoin de monter ou descendre d’une pointure. En termes de largeur, le chaussant est dans un registre standard, ni trop étroit ni trop généreux, ce qui conviendra à la plupart des morphologies de pied. La boite à orteils est correctement dimensionnée sans être excessivement large.
La recommandation pratique la plus importante est d’essayer la Ridgestar avec des chaussettes de randonnée d’épaisseur mi ou épaisse, car c’est avec ce type de chaussette que la chaussure est conçue pour fonctionner. Le volume interne y est ajusté, et une chaussette fine risque de laisser le pied trop libre dans le volume. Par ailleurs, et c’est essentiel : ne partez pas directement pour une sortie de six heures avec une paire neuve. Le cuir véritable de la tige a besoin de deux à trois sorties courtes pour s’assouplir et se conformer à la morphologie de votre pied. Respectez ce break-in et vous éviterez les ampoules classiques des premières utilisations.
Les points forts de la Skechers Ridgestar
Ce qu’elle fait vraiment bien
Le confort immédiat à l’enfilage grâce à l’Air-Cooled Memory Foam est indéniablement le principal argument de la Ridgestar, et c’est un argument solide pour le profil auquel la chaussure s’adresse. La mousse se moule au pied dès les premières secondes et maintient une protection articulaire appréciable sur la durée des sorties. L’accessibilité pour les débutants est réelle : pas besoin d’être un expert pour apprécier cette chaussure, elle fonctionne intuitivement et confortablement dès la première utilisation. Le maintien latéral offert par la tige hybride cuir et mesh est une vraie surprise positive sur ce segment grand public, clairement supérieur à ce que proposerait une tige purement synthétique. Le traitement déperlant fonctionne comme prévu sur les bruines légères et les projections, ce qui couvre la grande majorité des situations de randonnée en journée. Enfin, la position neutre et le drop modéré en font une chaussure universelle qui convient à tous les types de foulée sans adaptation particulière.
Les points faibles de la Skechers Ridgestar
Ce qui peut décevoir
La durabilité du mesh est le point qui revient le plus souvent dans les retours utilisateurs sur ce type de chaussure Skechers : sur des sentiers caillouteux fréquentés régulièrement, le mesh peut montrer des signes d’usure plus rapidement que chez les concurrentes spécialisées. Le manque de transparence technique de Skechers sur les données officielles de poids et de stack height est une vraie faiblesse pour un consommateur qui veut comparer sérieusement son achat. L’imperméabilité incomplète est à connaître impérativement avant de partir sous la pluie, car la déperlance n’est pas une protection suffisante pour des conditions réellement humides. La traction en terrain argileux ou très boueux est insuffisante face aux semelles spécialisées des concurrentes. Le break-in du cuir demande patience et progressivité, ce qui peut surprendre des randonneurs habitués aux chaussures synthétiques qui s’utilisent directement. Et l’absence d’innovation sur la semelle intercalaire laisse un sentiment de chaussure incomplète face à des concurrentes qui travaillent davantage cette couche.
Ridgestar vs Skechers Hillcrest : ce qui a changé (ou pas)
Skechers n’a pas communiqué officiellement sur une version antérieure à la Ridgestar, et le lien avec la Skechers Hillcrest est probable mais non confirmé par la marque. Il est difficile dans ces conditions d’établir une comparaison générationnelle sérieuse sans risquer d’avancer des informations inexactes.
Ce que l’on peut raisonnablement supposer, si la Ridgestar est bien une évolution ou une refonte de la gamme Hillcrest, c’est qu’elle a gagné en structure de tige avec l’apport notable du cuir véritable, un matériau qui renforce significativement le maintien latéral par rapport à une construction purement mesh et synthétique. La polyvalence terrain semble également avoir été travaillée, avec une semelle extérieure dont les plots sont mieux orientés pour la marche sur sentiers variés. Mais sans confirmation officielle du fabricant, ces suppositions restent des hypothèses. Pour plus de précisions sur les évolutions générationnelles, le mieux est de contacter directement le service client Skechers.
La Ridgestar face à ses concurrentes directes
Ridgestar vs Salomon X Ultra 4
La Salomon X Ultra 4 propose une technologie de semelle Contagrip nettement supérieure sur les terrains techniques, une version GTX avec imperméabilité véritable et un mesh de meilleure qualité globale. La Ridgestar répond sur le confort immédiat des premières heures grâce à sa mousse à mémoire de forme, un avantage réel pour les débutants, mais la Salomon est clairement plus évolutive pour un randonneur qui monte en compétence et en exigence de terrain.
Ridgestar vs Merrell Moab 3
La Merrell Moab 3 est une référence éprouvée du segment avec sa semelle extérieure Vibram, réputée pour sa durabilité et son mordant sur les rochers. Elle offre une tenue de route supérieure sur les terrains techniques et une robustesse qui s’exprime sur le long terme. La Ridgestar défend sa position sur le confort immédiat et l’accessibilité prix, mais perd clairement sur la longévité et sur la performance en conditions exigeantes.
Ridgestar vs Asics Gel-Venture 7
L’Asics Gel-Venture 7 est plus légère et plus agile, avec sa technologie Gel dans le talon qui apporte de la réactivité sur les sorties en trail léger. Si vous cherchez de l’agilité plutôt que du confort massif, c’est un choix pertinent. En revanche, sa tige moins structurée offre un maintien latéral inférieur à celui de la Ridgestar sur les terrains en dévers, ce qui peut devenir pénalisant sur des heures de marche. Pour d’autres tests dans la gamme trail accessible d’Asics, notre avis sur l’Asics Sonoma 8 et le test de l’Asics Trabuco Terra 3 vous donneront de précieux points de comparaison.
L’avis de la rédaction Run Evasion
La Skechers Ridgestar est une chaussure honnête qui remplit exactement son contrat pour le profil auquel elle s’adresse. Elle n’essaie pas d’être la meilleure chaussure de randonnée du marché, elle essaie d’apporter le confort légendaire de Skechers sur les sentiers de moyenne montagne, et elle y parvient avec une cohérence réelle. Le confort immédiat de l’Air-Cooled Memory Foam, le maintien amélioré par la tige en cuir véritable et la position neutre accessible à tous en font une option crédible pour un usage modéré. Les limites sont connues et assumées : traction insuffisante par grande boue, durabilité relative du mesh, imperméabilité partielle. Ce ne sont pas des défauts cachés, ce sont les contreparties d’une chaussure qui privilégie le confort sur la performance.
Si vous êtes un randonneur débutant qui cherche à découvrir les sentiers sans se torturer les pieds, si vous avez des douleurs articulaires et que l’amorti généreux est votre priorité numéro un, ou si vous sortez deux à trois fois par saison sur des itinéraires balisés en moyenne montagne, la Ridgestar mérite clairement votre attention. En revanche, si vous cherchez de la performance technique, une durabilité maximale ou une vraie imperméabilité, regardez du côté des spécialistes du sentier. Notre note finale pour la Ridgestar : 6,5/10. Une chaussure qui fait bien ce qu’elle promet, ni plus ni moins, et qui aura tout son sens dans les pieds du randonneur du weekend qui n’a pas besoin de plus. Si votre pratique évolue vers du trail running plus exigeant, notre test de la Brooks Divide 6 ou notre avis sur le Salomon Aero Blaze 3 vous ouvriront d’autres horizons plus techniques.




